Demain la route intelligente ?

La route, infrastructure de base, devrait évoluer au cours des prochaines années grâce au numérique, pour faciliter la mobilité et engendrer de nouveaux progrès pour les activités humaines.

Ainsi, la route devenant “intelligente” devrait apporter des réponses aux questions qui se posent autour de la mobilité et de la logistique, qui sont cruciales pour les évolutions économiques et sociales de nos sociétés.

Il est aujourd’hui nécessaire de penser demain: comment organiser l’autonomie croissante des individus et des organisations en même temps que le développement concomitant des échanges et des liaisons logistiques, mais en préservant la consommation des ressources des excès qui sont considérés aujourd’hui comme étant au-delà du raisonnable?

Telle est la problématique posée.

Sécurité, amélioration du trafic et confort des usagers apparaissent comme les lignes directrices. Les services publics se doivent d’anticiper pour gérer au mieux cette transition vers la route intelligente.

Ce qui est prévu par les experts

Des échéances à court terme

Certains experts annoncent l’arrivée de véhicules autonomes dès 2020, et les voitures actuelles étant par ailleurs considérées comme ayant une durée de vie de quinze ans, cela laisse peu de temps pour penser l’adaptation des infrastructures et des modes de mobilité.

Nous entrons dans une phase où la question est de savoir comment le véhicule peut interagir avec les infrastructures pour aider le conducteur. Dans une deuxième phase, il faudra travailler à construire, en plus de l’infrastructure physique, une infrastructure numérique.

Une évolution rapide, mais progressive

Les questions qui se posent vont s’imbriquer, l’augmentation des nuisances liées à celles du trafic se combinant avec l’arrivée de véhicules de nouvelles générations. Aujourd’hui, les voitures assistent le conducteur avec un ordinateur de bord, pour gérer la vitesse ou la direction. Certaines, qui sont plus sophistiquées, assistent sur des fonctions annexes comme le parking. Demain, les véhicules routiers seront capables de rouler seuls dans certains environnements, et l’étape d’après est l’autonomie complète.

Le réseau routier se devra d’être en mesure d’accueillir les nouveaux véhicules et le numérique sera une assistance essentielle pour les responsables publics et privés. Les routes dites de cinquième génération sont en préparation. Elles seront non seulement capables d’accueillir les véhicules autonomes, mais encore de s’auto diagnostiquer, de s’auto-réparer, de produire de l’énergie.

Le défi est dès à présent de penser et d’être en mesure d’accueillir les véhicules partiellement autonomes, tout en continuant d’accueillir les autres. Il faut aussi anticiper l’entrée en service de possibles nouveaux véhicules, comme drones, gyropodes voire même d’éventuelles  voitures volantes. C’est cette capacité qui va conditionner la réussite économique et sociale du réseau routier de demain.

Ce que permet le numérique

Fluidifier la circulation

L’information sur les flux permettra de mieux organiser la réponse aux pointes de trafic, y compris par une tarification modulée. Les outils numériques permettront notamment la transmission d’informations prédictives ou en temps réel vers les modes de régulation pour optimiser l’usage de l’infrastructure. Ils accroitront ainsi l’attractivité grâce à la régularité l’accroissement de la vitesse et une meilleure gestion des incidents. Les coûts de gestion et de distribution des titres de transport devraient baisser, et nous devrions assister à une clarification du partage tarifaire entre opérateurs.

La collecte des données et leur analyse seront facilitées, améliorant grandement les études et la prospective. Mais il sera nécessaire de réaliser un travail important de conception, pour anticiper les investissements et ajouter à l’infrastructure physique l’infrastructure numérique nécessaire et la mieux adaptée.

Quelques pistes sans être exhaustif

Des progrès sont envisagés dans différents domaines:

  • La fluidification du trafic et ses gains corrélés en matière de pollution sonore et gaz, embouteillages et incidents subséquents:
    • assistance à la recherche de places de stationnement, permet de diminuer le trafic inutile ;
    • des véhicules témoins abonnés peuvent surveiller le territoire pour informer sur la circulation, l’état des routes, la météo et les conditions générales de circulation;
    • certains programmes permettent une affectation variable des voies en fonction des catégories d’usages et la régulation des accès, l’ouverture de postes de péage supplémentaires;
  • Energie:
    • gestion pour moins de réchauffement et pilotage de production d’énergie par revêtements innovants.
  • Suivi, entretien du réseau et lien à l’infrastructure:
    • actuellement, certains opérateurs développent déjà un monitoring, grâce à des capteurs placés dans le revêtement, qui doivent permettre de faire la maintenance au meilleur coût;
    • la connectique et la cartographie grâce au positionnement satellite pourront améliorer la connexion avec l’infrastructure.

Routes et véhicules communiqueront via des bornes en bord de route et des tablettes connectées sur le tableau de bord. Les conducteurs seront informés sur la vitesse autorisée, le temps de parcours ou les accidents. La gestion du trafic routier sera fiabilisée grâce au traitement des informations sur les conditions de circulation et obstacles éventuels.

Sur les tronçons ou espaces à haute fréquentation, l’intelligence artificielle permet d’ores et déjà de développer l’analyse prédictive, grâce à l’agrégation de données. Cela permettra de faciliter la prédiction des incidents et le traitement en temps réel des situations complexes comportant un grand nombre de données et paramètres.

Cela nécessite des arbitrages stratégique sur les choix et des investissements importants de la part des responsables.

Dans les villes

Les espaces urbains présentent des caractéristiques qui méritent d’être prises en compte de manière spécifique.

Les villes doivent offrir une alternative à l’automobile et répondre aux besoins de ceux qui n’en possèdent pas. Les systèmes de transports en commun constituent, en zones denses, une solution nettement plus efficace que la voiture. Il suffit en effet parfois de réduire de quelques points la circulation des voitures aux pics d’affluence pour améliorer très sensiblement la fluidité de la mobilité et réduire les nuisances engendrées par les encombrements.
Le développement des usages partagés (covoiturage, autopartage, vélo en libre-service…) a le même effet. Il permet d’augmenter le taux d’occupation des véhicules, d’en réduire le nombre et de libérer de l’espace sur la chaussée. Il doit être encouragé, en particulier pour ce qui concerne les trajets domicile-travail et le regroupement vers les pôles de multimodalité, afin de mieux utiliser les infrastructures existantes et de réduire les sources de pollution.

L’enjeu important est d’organiser la complémentarité entre les moyens de transport classiques et les moyens alternatifs. Le numérique en facilite la gestion.

Faire les bons choix

L’avenir de notre mobilité et l’évolution des espaces dans lesquels nous vivrons se joue donc notamment dans notre capacité à penser la manière dont seront organisées les connexions et les flux d’information entre la route et les véhicules.

La multiplicité des initiatives et des progrès du numérique, notamment soulignée par la loi de Moore, qui prévoit le doublement de la densité des puces électroniques tous les deux ans et qui opère depuis maintenant plus de cinquante ans, cette multiplicité, donc, oblige à une vigilance particulière. Elle impose notamment de mettre en place des systèmes de veille démultipliés, et des système de collaboration toujours plus puissants, de manière à ne pas prendre de retard dans les arbitrages technologiques.

Sécurité, économie et confort des usagers sont liés à cette vigilance et à cette réactivité de tous, citoyens et responsables.

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